Vues sur Koudougou | Carnets d'une coopérante au pays des hommes intègres

enthousiasTIC!

Et voici que s’achève la première partie de ma mission en terre africaine: plus de quatre mois déjà que je vis essentiellement à Koudougou, avec quelques petites escapades au Bénin, histoire de prend l’air du large, du bord de mer… Dans quelques jours, je serai dans l’avion qui me ramène temporairement vers Montréal, pour m’y ressourcer, profiter des joies de l’hiver et de la chaleur des foyers, des coeurs et des corps! Je reviens en janvier, où je ne sais pas exactement, mais Ouagadougou c’est certain, Dakar et Bamako probablement, Porto-Novo, je ne crois pas.

C’est parce que le projet de bibliothèque numérique pour la jeunesse francophone du sud (BNJFS) prend tranquillement forme et de nouveaux pays, Sénégal, Mali et Caméroun, ont manifesté le désir de participer à l’expérimentation sur le terrain. Apparemment, ils disposent déjà de classes avec des ordinateurs et des enseignants formés à l’informatique: plusieurs étapes essentielles ont donc été franchies dans ces pays, on pourra y tester notre future plate-forme technologique (Greenstone en sera le coeur) en même temps qu’au Burkina et au Bénin.

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Mais en attendant, j’ai pu assister aux premiers balbutiements informatiques des élèves de 5e primaire des classes béninoises sélectionnées. J’ai eu la grande chance de pouvoir être présente durant leur initiation, d’assister à leur enthousiasme, de participer à leur joie! Voici donc quelques extraits de ces visites dans 5 écoles (deux privées, trois publiques) aux effectifs variant de 18 à 54 élèves par classe.

En les voyant, je ne pouvais m’empêcher de penser aux 97 élèves d’une des classes de Koudougou (ils étaient 95, mais deux élèves se sont ajoutés…): j’ai hâte de les voir en action eux aussi, mais je n’ose imaginer l’organisation de la classe autour de seulement 4 ordinateurs… Mais la BNJFS tentera aussi de rejoindre les jeunes par le biais des téléphones portables: beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes ont des appareils avec des écrans capables d’afficher des images et vidéos, nous comptons notamment utiliser ce moyen pour apporter du contenu vers la jeunesse.

Assez de blabla, des photos, des photos!

En voici des photos, celles qui me touchent le plus, des portraits, tout simplement des portraits… Évidemment, vous pouvez visionner ce diaporama en écoutant le conte de Kokoyé, juste en bas: il y a tellement de joie dans sa voix que ça se marie très bien avec les sourires.

Des portraits, du monde, des rencontres, des sourires… Et vous savez que ce diaporama peut se voir en plein écran en cliquant sur le carré (à droite)…

Oyé oyé, venez entendre Kokoyé!

À la demande générale, Kokoyé nous revient avec un nouveau conte et un enthousiasme intact. C’est un jeune homme charmant, plein de projets et de rêves, je lui souhaite la meilleure des chances sur le chemin qu’il s’est choisi…

Le lièvre et les villageois: un autre conte de Kokoyé, toujours aussi plein de bonne humeur: je l’adore! Une vingtaine de minutes de bonheur…

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Et encore quelques photos du Bénin, en vrac…

Des trucs et des muches, bref du divers à gogo!

Et puis, quoi de neuf à Koudougou?

Eh bien la ville est en liesse actuellement puisque ce sont les NAK et tout le monde s’en va naker un peu ou beaucoup, c’est-à-dire participer aux Nuits atypiques de Koudougou, une manifestation culturelle (musique, danse, essentiellement). Mais cette année, c’est un peu la morosité: c’est la crise me dit-on qui explique le manque de chalands et le désespoir des marchands… Et puis il y a le prix du ticket d’entrée sur le site: 200 FCFA (0.50$), rédhibitoire pour beaucoup. Ce soir, je m’en vais voir le malien Salif Keïta au théâtre populaire…

Salif Keïta est né albinos dans une région où les albinos sont mal vus en raison des pouvoirs maléfiques qui leurs sont attribués. Il est descendant en ligne directe du fondateur de l’Empire du Mali, Soundjata Keïta.
Après ses études, il rêve de devenir instituteur mais il est recalé à cause de sa mauvaise vue. Il décide alors de devenir chanteur ce qui va créer un scandale dans sa famille. Traditionnellement, la musique est réservée à la caste des griots, et les Keïta sont une famille de princes. Il est rejeté par sa famille et part à Bamako en 1968. Il intègre le groupe du saxophoniste Tidiani Koné, le « Rail band de Bamako », qui joue tous les soirs au buffet-hôtel de la gare à Bamako, et obtient d’importants succès avec son répertoire composé d’airs traditionnels interprétés de façon moderne.
Source: Wikipédia

Style traditionnel…

… et associé à un groupe de rap: pas mal plus revendicateur

Depuis peu, c’est aussi la saison de l’harmattan, ce vent chaud et sec qui souffle en hiver en provenance du Sahara et qui soulève la poussière ocre dans des tourbillons impressionnants, qui rend toute chose de la couleur de la terre, fait pénétrer les petites particules partout (même avec les fenêtres fermées je sens parfois l’odeur de la poussière entrer dans mes narines) et cause les grippes par ici, notamment en bouchant les voies respiratoires (des gens se déplacent avec des masques sur les routes poussiéreuses). Il occasionne aussi des accidents en raison de la visibilité réduite, on constate aussi une augmentation des cas de décompensation psychiatrique durant sa saison (fin novembre à mi-mars)… Et il est même réputé pour occasionner la méningite en raison de la fragilisation des muqueuses par les petites particules de terre, ce qui facilite le passage du méningocoque dans le sang: je crois que je vais me ramener un masque!
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Et finalement aujourd’hui, c’est la fête du mouton, la Tabaski (ainsi nommée en Afrique de l’ouest, mais appelée l’Aïd-el-Adha ailleurs. Il s’agit d’une fête musulmane, mais qui est aussi un congé officiel au Burkina Faso, en souvenir du sacrifice d’Ibrahim (Abraham): Dieu lui a demandé de sacrifier son fils unique, et il était prêt à le faire, pour montrer sa soumission à Dieu (“muslim” étymologiquement veut dire “soumis”). Cependant Dieu l’a arrêté juste avant et lui a fait sacrifier un mouton à la place. Alors aujourd’hui les moutons sont égorgés, après la grande prière de ce matin, tout le monde essaie de porter du blanc, et s’en va partager le repas avec ses amis: inutile d’attendre une invitation officielle, vous êtes invité à passer, tout simplement. Alors cet après-midi, je sais déjà ce que je vais manger…


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Il y a 3 commentaires à cet article

tassadit a écrit, le 27 novembre 2009 à 10:57:

Je n’ai pas encore lu ton carnet, mais je suis passée très rapidement sur les photos et la dernière m’a complètement subjuguée. Cette lumière éclatante, ces couleurs d’ocre et de rouge sur fond d’écume, ces personnages à l’avant plan et la mer qui s’étire à l’infini composent un tableau d’un équilibre parfait et d’une beauté inspirante…tu me réserves cette photo en EXCLUSIVITÉ ;-)!!!! je l’imagine déjà dans la maison au bord de la rivière…..
Tu captes la lumière de façon exceptionnelle, je suis admirative!!!!!

ico nico a écrit, le 27 novembre 2009 à 15:49:

merci pour les compliments, taz, et oui, je te la réserve en exclusivité! ;-)

tassadit a écrit, le 25 janvier 2010 à 20:33:

Vivement de nouvelles aventures inspirantes! bon retour en Afrique ma belle! j’ai hâte de te lire de nouveau!!!!!

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à Koudougou
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  • Il fait quel temps là-bas?

    • Koudougou, Burkina Faso
      25 mars 2019, 22:24
      C C'est franchement nuageux pour le moment ;-(
      Il fait 33°C
      Température ressentie: 31°C
      Humidité: 27%
      Vitesse du vent: 2 m/s ESE
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